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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 19:27

Autour de la conférence "Le théâtre et la Peste"

Une salle de la Sorbonne.

Allendy et Artaud assis derrière un grand bureau. Allendy présenta Artaud. La salle était comble. Le tableau faisait une étrange toile de fond. Des gens de tous âges. Le public des conférences d'Allendy sur les Idées Nouvelles. La lumière était crue. Elle plongeait dans l'obscurité les yeux enfoncés d'Artaud. Cela soulignait d'autant l'intensité de ses gestes. Il paraissait tourmenté. Ses cheveux, assez longs, retombaient parfois sur son front. Il a la souplesse et la vivacité de gestes du comédien. Un visage maigre, comme ravagé par la fièvre. Un regard qui ne semble pas voir le public. C'est un regard de visionnaire. Il a des mains longues aux doigts longs.

A côté, Allendy a l'air prosaïque, lourd, gris. Il est assis derrière le bureau, massif, concentré. Artaud monte sur l'estrade et commence à parler : "Le Théâtre et la Peste."

Il m'a demandé de me mettre au premier rang. Il me semble que ce qu'il demande c'est seulement l'intensité, une manière plus haute de sentir et de vivre. Veut-il nous rappeler que ce fut durant la Peste qu'un si grand nombre de merveilleuses oeuvres d'art et de pièces de théâtre ont vu le jour, parce que l'homme, fouaillé par la peur de la mort, cherche à se surpasser ? Mais alors, d'une manière presque imperceptible, Artaud délaissa le fil que nous suivions et se mit à jouer quelqu'un mourant de la peste. Personne ne s'aperçut quand cela commença. Pour illustrer sa conférence, il représentait une agonie. "La Peste" est en français un mot autrement plus terrible que "The Plague" en anglais. Mais il n'est pas de mots pour décrire ce que jouait Artaud sur l'estrade de la Sorbonne. Il oublia sa conférence, le théâtre, ses idées, le Dr Allendy à côté de lui, le public, les jeunes étudiants, sa femme, les professeurs et les metteurs en scène.

Il avait le visage convulsé d'angoisse, et ses cheveux étaient trempés de sueur. Ses yeux se dilataient, ses muscles se raidissaient, ses doigts luttaient pour garder leur souplesse. Il nous faisait sentir sa gorge sèche et brûlante, la souffrance, la fièvre, le feu de ses entrailles. Il était à la torture. Il hurlait. Il délirait. Il représentait sa propre mort, sa propre crucifixion.

Les gens eurent d'abord le souffle coupé. Puis ils commencèrent à rire. Tout le monde riait! Ils sifflaient. Puis, un par un, ils commencèrent à s'en aller à grand bruit, en parlant, en protestant. Ils claquaient la porte en sortant. Les seuls à ne pas bouger sont Allendy, sa femme, les Lalou, Marguerite. Encore des huées. Mais Artaud continue, jusqu'à son dernier souffle. Et il reste là, par terre. Puis, quand la salle est vide et qu'il ne reste qu'un petit groupe d'amis, il marche droit sur moi et me baise la main. Il me demande de l'accompagner dans un café.

Tous les autres avaient quelque chose à faire. Nous nous sommes tous séparés à la porte de la Sorbonne. Artaud et moi sommes sortis sous une pluie fine. Nous avons marché, marché le long des rues obscures. Il était blessé, durement atteint et déconcerté par les huées. Il écumait de colère : "Ils veulent toujours entendre parler de; ils veulent entendre une conférence objective sur "Le Théâtre et la Peste", et moi je veux leur donner l'expérience même, la peste même, pour qu'ils soient terrifiés et qu'ils se réveillent. Je veux les réveiller. Ils ne comprennent pas qu'ils sont morts. Leur mort est totale, comme une surdité, une cécité. C'est l'agonie que j'ai montrée. La mienne, oui, et celle de tous ceux qui vivent."

La conférence "Le Théâtre et la Peste" fut prononcée le 06 Avril 1933. Publiée dans la NRF n° 253, 1er Octobre 1934, elle fut reprise dans Le Théâtre et son double en 1938.

Extrait du Journal d'Anaïs Nin. Ana¨s Nin, Journal (1931-1934), trad. Marie-Claire Van der Elst, Stock, 1969, p. 208-209.

Extrait de Antonin Artaud - Oeuvres - 2004 - Pages 380 à 381 - Editions Quarto Gallimard

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 19:57

Réponse à une enquête sur les tendances du cinéma

[...Et je ne puis pas faire autre chose que de conclure par une série d'affirmations :

1° Il y a d'u côté le cinéma, art muet, qui a donné des chefs-d'oeuvre : Moana, Les nuits de Chicago, La naufragée, Les fraudeurs, Solitude, Hors du gouffre, les premiers Malec, plusieurs Charlot, etc., art accompli et qui se suffisait à lui-même.

2° On pouvait envisager un autre genre de cinéma, où le son et la parole eussent été considérés comme une amplification de l'image, un moyen de la faire rebondir ou fuser dans un domaine nouveau pour elle et où elle n'aurait fait que développer ses qualités. A ce point de vue le premier film de René Clair (parlant) a montré ce qu'on pouvait tenter et ce qu'il fallait faire. Et Sous les toits de Paris était une excellente démonstration de critique cinématographique. Le son, apparaissant derrière l'image, s'avançait et tranchait dans le vif. Le sens logique des mots disparaissait, faisant place à la voix humaine dont les sonorités ponctuaient l'image, en détaillaient et détachaient les contours. La vibration visuelle déclenchée par l'image se perdait dans la vibration sonore. Un grand cri entendu s'introduisait directement dans l'esprit secoué au vif.

Par rapport à l'image, le son était un commentaire, une conclusion ou un prolongement.

Et il sera jamais autre chose.

Inutile de dire que dans le cinéma tel qu'il existe, tous ces aspects du problème ont été résolus par la disparition. On a depuis longtemps renoncé à "faire" du cinéma parlant. On a filmé des pièces. On (en) a filmé de plus en plus. Loin de nuire au théâtre un pareil cinéma le sert. Et je dirai même qu'il hâte et prépare la chute et la fin du cinéma dit artistique, en en révélant prématurément les limites et en en démontrant l'inutilité. On ne supportera bientôt plus que des films de documentation pure, seul domaine où le cinéma n'ait pas d'égal.

S'il s'agit d'une reproduction mécanique du réel, le cinéma n'a pas encore fini de progresser. Et après le cinéma parlant et sonore ce sera le cinéma odorant, tactile et gustatif. Le cinéma hors de l'écran et dans l'espace. Le cinéma en relief, en couleurs, à trois dimensions. Les personnages sortis de l'écran, autonomes, indépendants du film, indépendants les uns des autres, évolueront dans la salle ou dans la rue, comme de vrai personnages de théâtre, des personnages absolument humains. Des personnages magiques introduits tout à coup dans l'espace bousculeront les maisons, feront craquer les murs, ce sera le progrès à perpétuité! Et les temps de Pygmalion définitivement revenus, n'importe quel touriste du goût, du son, de l'odeur et de la vue portera sur lui, aura dans sa poche de quoi faire apparaître auprès de lui, à tout instant, le personnage de ses rêves. Mais ce personnage sera toujours le même, et ce paysage, ou ce décor, ou cette action, ou ce drame toujours les mêmes, inlassablement. Et c'est au fond cette pétrifaction de lignes, de formes, de gestes et d'aspects qui condamne le cinéma. A quelle poésie que le cinéma soit parvenu il est à la fin un peu inquiétant, un peu suffocant de se dire que cette poésie inscrite quelque part et enregistrée en un certain nombre de vibrations est incapable de se dépasser elle-même; et pour sublime que soit le cri ou le geste, que soit le paysage que l'on porte dans sa poche, l'effet lumineux qui décore la pente des collines, l'ombre portée d'un arbre sur un mur, les irisations de la brume dans un vallon sont gelées en somme, sont coulées dans un moule subtil mais fixe et qui ne se transformera plus jamais. Et le cinéma est semblable à ces masques terrifiants des vieux sorciers indiens, auxquels le temps et l'usage ont enlevé toute efficacité à la longue et qui ne sont plus jugés dignes par les sorciers eux-mêmes que de figurer sous les vitrines d'un musée. C'est cette démagnétisation de l'image qui poussera à se retourner vers le théâtre les esprits que le cinéma excède, et qui se rendent compte que le propre art véritable est d'être, par chacun de ses gestes, en communication avec l'infini.

Réponse parue dans Ciné-rythme, 1ère année, n°3, 15 février 1933

Extrait de Antonin Artaud - Oeuvres - 2004 - Pages 380 à 381 - Editions Quarto Gallimard

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 22:05

Brève rencontre (1945) de David LEAN : Une brève rencontre...un amour impossible. L'étau de la pression sociétale admirablement représenté par David LEAN.

Holiday (2010) de Guillaume NICLOUX : une comédie grinçante de type "Cluedo". On peut regretter quelques facilités de scénario.

Les cheyennes (1964) de John FORD : le périple du long retour des Cheyennes sur la terre d'origine. Par le maître primitif du western américain.

Oliver Twist (1948) de David LEAN : une adaptation fidèle du roman

Mission impossible - Protocole fantôme (Décembre 2011) de Brad BIRD : un bon film de copains en action. Par le réalisateur maison de Pixar (Le géant de fer - Les indestructibles - Ratatouille).

Hugo Cabret (Décembre 2011) de Martin SCORCESE : Déception.

La clé des champs (Décembre 2011) de Claude NURIDSANY & Marie PERENNOU : par les réalisateurs de Microcosmos (1996), une histoire d'enfance où la nature tient le rôle principal. Magnifique.

Qu'ils reposent en révolte (Des figures de guerre) (Novembre 2011) de Sylvain GEORGE : Trois ans en compagnie des migrants de Calais, juste après le démantèlement du camp de Sangate, sous Sarkosy. Encore d'actualité. Indispensable. Visible dans son intégralité ici.

La femme du Vème (Novembre 2011) de Pawel PAWLIKOWSKI : Bof! Déjà vu.

The Black Power mixtape 1967-1975 (Novembre 2011) de Göran Hugo OLSSON : des archives de la télévision suédoise sont l'occasion d'un retour sur le mouvement des Black Panthers. Trés instructif.

 

 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 16:52

Constitué actuellement de 17 tomes, avec un dix-huitième qui sort en France en Juin 2016, Billy Bat est un régal. C'est d'abord un formidable suspens qui se nourrit de l'esprit conspirationniste. Depuis le douxième siècle, la lutte entre une chauve souris blanche et une autre noire serait la conséquence des nombreux évènements conspirationnistes, lesquelle conspirations consisteraient à découvrir un secret qui permettrait de gouverner le monde! Ahah! Les fameuses chauve-souris s'adresseraient à des humains, dont la blanche, qui elle s'adresse à des auteurs de BD mais dont la parution, qui alerte sur l'évènement à venir, survient toujours trop tard. Et c'est là que le deuxième intérêt de cette série intervient : elle traite de la BD manga. De manière principale comme vecteur de l'action, mais aussi de manière secondaire en traitant de la fabrication d'un manga (dessin, colorisation, style...). C'est également l'occasion de decouvrir un peu de culture japonaise.

Je regrette juste que cela s'épuise au fur et à mesure, le suspens ne rebondissant plus vraiment. Je pense que la série devrait bientôt se terminer.

Le wiki, et des articles de la base secrète, de Télérama et Le Monde.

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Published by alexlechti - dans Manga
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 20:05

Le fouineur (1969) d'Ettore SCOLA : la chronique d'un commissaire de province confronté à une affaire de moeurs. Des personnages font penser au futur incroyable "Affreux, sales et méchants", un chef d'oeuvre de la satyre au cinéma et de la comédie italienne.

Mystérious object at noon (2000) d'Apichatpong WEERASETHAKUL : il fait parti des rares réalisateurs actuels porteur de l'essence même du cinéma pour moi. Un pur chef d'oeuvre. Et pour vous, une vidéo-présentation du film et de son suivant, "Blissfully yours".

Le regard d'Ulysse (1995) de Théo ANGELOPOULOS : à travers la quête du passé, un regard sur le présent de nations en reconstruction. En totale résonnance avec l'actualité grecque et la pas si lointaine guerre yougoslave. Superbe.

L'éternité et un jour (1998) de Théo ANGELOPOULOS : l'exil, le temps qui passe, la nostalgie et la poésie. Magnifiquement porté par Bruno GANZ. Je vous invite également à visionner une vidéo d'une dizaine de minutes sur le traveling de la fin.

La grève (1925) de Sergueï M. EISENSTEIN : ce film n'a pas pris une ride. La quintessence du langage cinématographique. On y trouve déjà la force qui sera présente dans "Le cuirassé Potemkine". Le montage parallèle de la répression contre les ouvriers et l'égorgement d'un boeuf à l'abattoir est impressionante d'efficacité et de sens. L'histoire du cinéma toujours en marche. Une oeuvre intemporelle.

Octobre (1928) de Sergueï M. EISENSTEIN : un autre épisode de la révolution russe : le renversement du gouvernement provisoire et la prise du palais d'Hiver en Octobre 1917. Une super-production soviétique : 11 000 figurants, une ville entière plongée dans le noir pour répondre suffisamment au besoin en puissance électrique. Une autre pierre historique du cinéma. Vous trouverez différents documents pour ceux qui désirent en savoir plus  : une planche pédagogique sur le principe du montage suggestif, une enquête sur l'enquête qui eut lieu auprès des spectateurs de l'époque et une étude comparative avec "La fin de Saint-Pétersbourg" de POUDOVKINE, qui fût également commandé et présenté pour le même événement.

Happy feet 2 (Décembre 2011) de George MILLER : aussi plat que la 2D.

Carnage (Déembre 2011) de Roman POLANSKI : adapté de la pièce de Yasmina REZA, un huit-clos ravageur interprété par un beau quatuor d'acteurs. Un bon film du dimanche soir.

Bruegel, le moulin et la croix (Décembre 2011) de Lech MAJEWSKI : un "palette" (d'ARTE) superproduction et une reconstitution historique. Un parti pris. Esthétiquement blueffant.

A dangerous method (Décembre 2011) de David CRONENBERG : une nouvelle exploration du cinéaste sur la thématique du corps, ici torturé et dépendant du psychique. Une adaptation qui peut paraitre un peu trop romancé, au détriment de la réalité historique. Mais qu'en pense un jungien ? Où on apprend que d'autres adaptations cinématographiques existent, dont "Mon nom était Sabina Spielrein" de la réalisatrice suédoise Elisabeth MARTON qui semble respecter une vérité historique.

 

 

 

 

 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 18:59

Mildred Pierce (2011) de Todd HAYNES : Par le réalisateur de "Loin du paradis" et du récent "Carol", une fidèle et magnifique adaptation du roman de James M. CAIN, romancier américain. Le combat difficile d'une femme au temps de la dépression américaine. De qualité identique à la série "Boardwalk Empire", produite par SCORCESE pour HBO, vous retrouverez le charme venimeux du cinéma mélodramatique, déjà présent dans "Loin du paradis". Dans la lignée du maître Douglas SIRK, sous le verni de l'apparence, les préjugés, la misogynie, l'envie, la solitude du combat. Justement interprété par Kate WINSLEY, un magnifique portrait de femme.

 

Autres films du même réalisateur chroniqués ici : Safe et Velvet Golmine.

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Published by alexlechti - dans Série
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 17:36

C'est le récit de voyage que Pierre LOTI entreprit en Inde du 20 Décembre 1899 au 25 Mars 1900, notamment pour remettre à SA le maharadjah du Travancore, en mains propres, la croix de chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques !

D'abord intéressé, je suis petit à petit ennuyé par une description et des comparaisons nostalgiques au pays natifs qui se répètent, malgré les rencontres et paysages visités, agrémentés d'un regard ethnographique. C'est à partir de la moitié de l'ouvrage, lorsqu'il se dirige vers Hyderabad, et qu'il découvre une région dévastée par la famine, qu'il se livre plus intimement. Et que le récit, d'abord touristique, devient doucement une quête spirituelle, mystique, un pèlerinage, jusqu'aux berges du Gange et Bénarès.

Cela s'avère finalement un récit qui, malgré quelques travers un peu colonialiste, permet  de découvrir une partie de l'Inde et l'envie de parcourir le même itinéraire, plus d'un siècle après.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 18:59

P 91C'est le temps des premières exclusions du mouvement surréaliste. Avant d'être renvoyé, Antonin Artaud prend les devants et s'exclut lui-même. Vient le tour de Philippe Soupault, qui essuie les accusations de Breton, encouragé par Louis Aragon et Max Morise. Peut-être faut-il voir dans son sectarisme, pontifiant et assez ridicule, la conséquence de son ralliement imminent au Parti communiste français. Ralliement qui le fera vite déchanter : on ne fréquente pas impunément des staliniens. Après délibérations et tergiversations en forme "d'interrogatoire de police", les communistes l'affectent à une cellule des employés du gaz. Ses velléités de se "fondre dans la classe ouvrière" en resteront là.

On aura beaucoup reproché au "pape du surréalisme". La plus intransigeante à son égard fut peut-être l'artiste mexicaine Frida Kahlo, qui le califiera de "vieux cafard". Dans une lettre à Nickolas Muray, elle dira : "Tu n'as pas idée comme ces gens sont des putes. Ils me font vomir. Ils sont si foutrement "intellectuels" et si pourris que je ne les supporte plus. C'est vraiment trop pour mon caractère. J'aimerais mieux rester assise par terre à vendre des tortillas sur le marché de Toluca, que d'avoir à faire avec ces salopes "artistiques" de Paris. Ils s'assoient des heures dans les "cafés" à réchauffer leur précieux derrière, et parlent sans arrêt de "culture", d'"art", de "révolution" et ainsi de suite et patin et couffin, ils se prennent pour les dieux du monde, ils rêvent les idioties les plus fantastiques, et empoisonnent l'air de théories et de théories qui ne se réalisent jamais. [... Il n'y a jamais rien à manger chez eux parce qu'aucun d'eux ne travaille et ils vivent comme des parasites sur le dos d'un tas de riches salopes qui admirent leur "génie" d'"artistes". De la merde et rien que de la merde, voilà ce qu'ils sont. [... Mince alors! Ca valait le coup de venir ici rien que pour voir pourquoi l'Europe est en train de pourrir, pourquoi tous ces gens - des bons à rien- sont la cause de tous les Hitler et de tous les Mussolini."

 

Extrait de Manifeste incertain 2 de Frédéric PAJAK. Les Editions Noir Sur Blanc. 218 pages.

 

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 18:33

P 73A dix-neuf ans, Gribouille monte à Paris. Un passant la remarque, séduit par son physique androgine. Il s'appelle Jean Cocteau. Il l'encourage à se produire dans des cabarets. Elle va enregistrer une trentaine de chansons, sur des 45 tours. Désespérée, le 18 Janvier 1968, elle se suicide. Elle a vingt-sept ans. Ses chansons, peu connues, ne sont pas désespérantes : elles sont le désespoir même.

Je vais mourir demain

Au poteau de la gare

Fusillée par un train

Au champ des rails noirs

 

Extrait de Manifeste incertain 2 de Frédéric PAJAK. Les Editions Noir Sur Blanc. 218 pages.

 

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 19:44

Un focus pédagogique et intelligent sur les conséquences du colonialisme dans l'Histoire future ou comment les actions politiques passées d'une nation déterminent les effets politiques présents et futurs. Ici, c'est la résonnance entre des victimes de l'ignoble foire humaine que fût l'Exposition coloniale, à Paris en 1931, et les évènements de Nouvelle-Calédonie, dont le point culminant fût la prise d'otages d'Ouvéa. Inspiré d'une histoire vraie, d'une écriture simple et limpide, DAENINCKX nous rappelle également que la lutte est très souvent l'occasion d'un rapprochement, d'un échange, autour de valeurs communes et que les actes du pouvoir ne sont pas nécessairement le fruit de la volonté du peuple, du moins dans son entier et que parmi celui-ci, certains combattent à l'intérieur pour et au côté des minorités opprimées ou (et) victime de la politique du pouvoir en place.

Avis de Afrikblog et un site sur l'auteur.

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